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Ankara

Présentation de Ankara

Ankara, (anciennement appelée Angora et Ancyre durant l'Antiquité), en Anatolie centrale, est la capitale de la Turquie et la deuxième plus grande ville du pays, après İstanbul.
C’est aussi la préfecture de la province du même nom. Ses habitants sont les Ankariotes.
Peuplée de 4 millions d'habitants, la ville est située à 850 mètres d'altitude. Ankara est marquée par un climat continental: l'hiver est plus froid avec beaucoup de neige, l'été est chaud et sec, total de précipitations plus faible, maximum pluviométrique décalé vers le printemps.

Histoire d'Ankara

Bien qu'Ankara soit en grande partie une ville nouvelle, ses origines sont très anciennes. Certains vestiges hittites découverts dans la citadelle attestent la présence d'une cité du temps de l'Empire hittite, cité qui portait le nom d’Ankuva, mentionnée dans plusieurs inscriptions hittites.
Après les Hittites, Ankara connut la domination des Phrygiens, des Perses, d'Alexandre le Grand et enfin celle des Galates, tribus gauloises parmi lesquelles celle des Tectosages. Ceux-ci firent d'Ankara (appelé Ancyre par eux) leur capitale et construisirent une forteresse.
Les Romains qui s'étaient emparé de la ville en 189 avant J.-C., en laissèrent le gouvernement aux Galates jusqu'en 25 avant notre ère, date à la quelle le royaume Galate fut annexé à l'Empire romain. La ville fut promue au rang de « métropole » par Néron qui fit reconstruire ses murailles.
À l'avènement du christianisme, Ankara reçut la visite de saint Paul qui dédia à ses habitants sa fameuse Épître aux Galates.
Durant la période byzantine, la ville connut une certaine prospérité mais les invasions des Sassanides et des Arabes du VIIe siècle furent dévastatrices.
C'est en 1073 qu'Ankara fut occupée par les Turcs. Tour à tour prise par les Byzantins, les Croisés et les Turcs, Ankara fut, à partir de 1354, administrée par les Ottomans. En 1402, dans la plaine d'Ankara, eut lieu la fameuse bataille au cours de laquelle Tamerlan anéantit l'armée ottomane et prit le sultan turc en prisonnier. Mais la ville redevint ottomane en 1414.
Elle devint une ville peu importante de l'Empire ottoman, connue sous le nom d’Angora (qui donne leur nom aux chats, lapins et chèvres de la région). Lié au système des chemins de fer ottomans à la fin du XIXe siècle, elle reste pourtant une bourgade de 30 000 habitants au début du XXe siècle. Loin des zones occupées, elle est choisie par Mustafa Kemal Atatürk comme le centre de la lutte nationale et la Grande assemblée nationale de Turquie y est inaugurée le 23 avril 1920. Suite à la victoire des forces kémalistes, elle devint la capitale de la Turquie le 13 octobre 1923, remplaçant İstanbul, la capitale historique de trois empires romain, byzantin, ottoman. Mustafa Kemal Atatürk a choisi cette petite ville comme sa capitale, d'une part pour des raisons stratégiques (située au milieu du plateau anatolien, elle n'est pas aussi vulnérable qu'Istanbul), et d'autre part pour des raisons politiques, car la République voulait couper les ponts avec l'ancien régime et avec tous ses symboles, dont la capitale impériale.
Le choix d'Ankara était audacieux en raison de sa situation géographique et ses conditions climatiques. Au centre d'un plateau sec et aride, le climat y est continental, avec des étés chauds et secs, des hivers rudes.
L'urbanisation d'Ankara pour doter cette ville de bâtiments nécessaires à la fonction d'une ville-capitale devint un projet ambitieux du nouveau régime et la ville devint par la suite une importante agglomération.
Ankara est une ville tout à la fois moderne et ancienne puisqu'elle possède de nombreux vestiges romains et une forteresse byzantine bien conservée. Elle contient notamment un temple romain dédié à Auguste ainsi que le plus grand musée hittite au monde. Ataturk y est enterré dans un mausolée grandiose (Anıtkabir).

monuments d'Ankara


* Les thermes romaines : ils furent édifiés au IIIe siècle par l'empereur Caracalla.
* La colonne de Julien : ce monument votif, haut de 40 mètres, semble avoir été érigé vers la fin du IVe siècle.
* Le temple d'Augusta, aussi appelé le Monument d'Ancyrsi : datant du II2e siècle avant notre ère, il fut d'abord dédié à Cybèle, déesse-mère de l'Anatolie, puis à l'empereur romain Augusta. Sur les deux murs, à l'entrée du sanctuaire, est gravée l'exemplaire le plus complet du testament politique d'Auguste, les Res gestae.
* La mosquée Hacı Bayram : construite au XIVe siècle, à la mémoire de Hacı Bayrame Veline, dont le tombeau se trouve tout à côté. L'édifice est ornée de faïences d'une grande valeur artistique.
* La citadelle d'Ankara
* Le mausolée d'Atatürk ou Anıtkabir, construit entre 1944 et 1953.
* Le terme angora provient du nom de cette ville.
* Gordion, qui a fait l'objet de la légende du nœud de Gordion et qui abrite le tombeau de Midas, se trouve à proximité d'Ankara.



Istanbul

Présentation de Istanbul

Istanbul (en turc İstanbul, parfois francisé en Istamboul, nom historique « Byzance » puis « Constantinople », également appelée, par synecdoque, la « sublime porte »), préfecture de la province du même nom, est la plus grande ville de Turquie avec 13 millions d'habitants[1].

Située à cheval sur l’Europe et l’Asie, de part et d’autre du détroit du Bosphore, elle est généralement considérée comme européenne. Elle est au centre de l’une des plus grandes agglomérations du continent et constitue le principal pôle économique du pays. Elle est la seule ville au monde à être à cheval sur deux continents.

Appelée aussi la Nouvelle Rome (d'ailleurs, comme Rome, Istanbul est fondé sur sept collines), Istanbul appartint tour à tour à la Grèce antique, à l’Empire romain dont elle fut la seconde capitale, à l’Empire byzantin, à l’Empire ottoman, puis, juste après la chute de celui-ci, à la Turquie. Les anciens noms de la ville, Byzance puis Constantinople, témoignent de cette histoire, et il y a peu d'autres villes ayant eu trois noms au cours de l'histoire. Du point de vue historique, on peut considérer qu'Istanbul est l'une des trois villes antiques les plus importantes avec Athènes et Rome.
Les habitants de Byzance étaient les Byzantins et ceux de Constantinople les Constantinopolitains.
Les habitants d’Istanbul sont les Stambouliotes ou les Istanbuliotes[2].

Histoire

Elle fut fondée par l’empereur romain Constantin Ier en 330 sur le site de l’ancienne colonie grecque Byzantium qui existe depuis le VIIe siècle av. J.-C. La ville fut baptisée Constantinople en l'honneur de l'Empereur (ce n’est que le 28 mars 1930 que le nom d’Istanbul devint officiel). La ville devint la capitale orientale de l’Empire romain et plus tard celle de l’Empire byzantin. Après la chute de Constantinople le 29 mai 1453, elle fut incorporée à l’Empire ottoman par Mehmet II le Conquérant et en devint la nouvelle capitale, remplaçant Edirne (Andrinople) en Thrace.
Elle demeura la capitale de l'Empire ottoman pendant cinq siècles mais a perdu cette fonction le 1er octobre 1923, en faveur d'Ankara, la capitale de la République de Turquie.
La ville est occupée par les Alliés au lendemain de la Première Guerre mondiale (1921-1923), ce qui motive en partie le déplacement de la capitale.
Suite à des migrations à partir des années 1950 depuis les villages d'Anatolie, la ville devint rapidement l'une des plus importantes agglomérations d'Europe. La ville comptait 700 000 habitants en 1927, 1 million en 1950, 2 millions en 1960, 3,5 millions en 1970 et finalement 12 millions à ce jour. Des estimations non-officielles compteraient jusqu'à 12 millions d'habitants en 2007, vu l'afflux important des personnes venant de l'Anatolie de l'est, installés dans des bidonvilles aux constructions sauvages, et non recensées. Selon d'autres sources, la population aurait même dépassé 20 millions d'habitantsréf. à confirmer : [4].
La ville fut toujours un centre important pour les religions chrétienne et musulmane. En 1453, le sultan Mehmed II qui venait de conquérir la ville et de mettre fin à l'Empire byzantin, décida de perpétuer le rôle de Constantinople comme centre spirituel du monde chrétien orthodoxe grâce à la nomination du patriarche grec Gennadios à la tête du patriarcat œcuménique. Dans le même ordre, un patriarcat arménien apostolique s’établit en 1461 également par ordre du sultan Mehmet II. Istanbul devint en 1517 le siège du califat après la conquête de l'Égypte par les Ottomans et le transfert des symboles califaux à la capitale impériale qu'est Istanbul. Cependant, le titre de calife fut porté par les sultans et une institution califale en tant que telle n'a jamais existé séparément en dehors du système étatique. Le califat fut aboli en mars 1924 par Mustafa Kemal Atatürk. L’exarchat bulgare orthodoxe avait pour siège Istanbul entre 1870 et 1912.
En 1492, suite à l’autorisation du sultan Bayezid II, İstanbul accueillit de nombreux juifs persécutés par l'inquisition espagnole et chassés d’Espagne par Isabelle la Catholique. La ville abrite toujours la communauté juive la plus importante du pays (22 000 personnes sur 25 000). La communauté possède seize synagogues (dont la plus grande est Névé Shalom et la plus ancienne est Ahrida), un hôpital (Or haHayim), une école (UOML), une maison de retraite et un hebdomadaire bilingue (turc-ladino) : Şalom. Le chef de la communauté est le grand rabbin Isaac Haléva.
La ville abrite également la plupart des Sabbatéens de Turquie, partisans de Sabbataï Tsevi.
La nuit du 24 avril 1915, durant laquelle deux-cent quarante intellectuels arméniens furent arrêtés à İstanbul, marque le début du génocide arménien et de la quasi-disparition des minorités chrétiennes de l’Empire ottoman. Cette date est commémorée chaque année en mémoire des victimes (300 000 à 500 000 selon l'État turc, 800 000 selon certains historiens turcs, 1 200 000 selon la plupart des historiens occidentaux, 1 500 000 selon l'État arménien). Toutefois, les Arméniens stambouliotes ne furent pas concernés par les déportations, à l'instar de ceux qui habitaient à Smyrne ou Alep. Aujourd’hui la communauté arménienne d'İstanbul, évaluée à 60 000 personnes, possède trente-trois églises apostoliques, douze églises catholiques et trois églises protestantes ; deux hôpitaux (Sourp Pirgitch et Sourp Agop), deux orphelinats, dix-neuf écoles et trois journaux en langue arménienne, dont Jamanak (fondé en 1908) actuellement le plus vieux quotidien de Turquie. Les leaders de la communauté sont le patriarche apostolique Mesrob II Mutafyan (depuis 1998) et l’archevêque catholique Hovhannes Tcholakian (depuis 1961). L'émigration des arméniens de Turquie vers l'étranger a perdu son caractère massif dans les années 1980 et leur nombre s'est stabilisé. L'attention sur la situation de la minorité arménienne a été ravivée par l'assassinat du journaliste Hrant Dink à İstanbul en 2007.
La communauté grecque possède 95 églises, vingt écoles, un hôpital et deux quotidiens (Apoyevmatini et Iho), mais cette communauté disparaît progressivement. On comptait 100 000 grecs en 1927, mais aujourd’hui leur nombre est de 2 500, ce qui fait que la plupart de leurs institutions ne fonctionnent pas vraiment. Leur chef spirituel est le patriarche œcuménique Bartholomée Ier (depuis 1991).
Le siège de l'Église orthodoxe turque, non reconnue, se situe dans le quartier de Galata.
La ville compte également une communauté syriaque jacobite évaluée à 10 000 personnes. On compte également des chaldéens, des mélkites, des bulgares catholiques, des géorgiens catholiques en nombre réduit. Les Polonais, réfugiés au milieu du XIXe siècle à la suite de la répression russe dans leur pays, ont créé en 1842 le village Polonezköy (Adampol) dans la région d'İstanbul, sur la rive asiatique. La population de ce village « polonais » ne dépasse guère une centaine de personnes actuellement.
Tous les groupes musulmans sont représentés, bien que la grande majorité soit sunnite.
Les villes d'Anatolie dont les Turcs ont le plus émigrés vers Istanbul sont les suivantes : Sivas (681 214), Kastamonu (516 556), Giresun (455 393), Ordu (453 197), Tokat (396 840)... Hakkari est la ville dont les habitants ont le moins émigré vers Istanbul (6 957). À noter que la ville abrite une population originaire de Sivas, Kastamonu, Sinop, Bayburt, Giresun, Ardahan et Erzincan, supérieure à la population même de ces villes[5].

Izmir

Présentation de Izmir

Pattaya
İzmir (en grec : Σμύρνη / Smýrni), connue autrefois sous le nom de Smyrne, est le deuxième plus grand port de Turquie (après İstanbul), et la troisième ville du pays par le nombre d’habitants.
Elle est située sur la mer Égée près du golfe d’İzmir. Ses habitants sont les Smyrniotes.

Histoire

Les origines

İzmir est la forme turque moderne du nom Smyrne, ville connue depuis l’Antiquité (comme İznik pour Nicée).
La forme Smyrne a été longtemps préférée en français à la forme turque qui ne s'est imposée qu’au XXe siècle. Aucun gentilé formé sur Izmir n'est signalé.
Smyrne fut fondée vers 3000 avant J.-C. par les « Lelèges », sur le site de Tepekule près de l'actuelle Bayraklı. Son nom proviendrait de celui d’une reine Amazone. Entre 2000 et 1200 av. J.-C. elle fit partie du royaume hittite puis, suite à l’effondrement de l'État hittite face aux attaques des Phrygiens, elle fut occupée par des Éoliens émigrés de Grèce vers l'Anatolie au XIe siècle av. J.-C., puis par des Ioniens.

Les origines

İzmir est la forme turque moderne du nom Smyrne, ville connue depuis l’Antiquité (comme İznik pour Nicée). La forme Smyrne a été longtemps préférée en français à la forme turque qui ne s'est imposée qu’au XXe siècle. Aucun gentilé formé sur Izmir n'est signalé.

Smyrne fut fondée vers 3000 avant J.-C. par les « Lelèges », sur le site de Tepekule près de l'actuelle Bayraklı. Son nom proviendrait de celui d’une reine Amazone. Entre 2000 et 1200 av. J.-C. elle fit partie du royaume hittite puis, suite à l’effondrement de l'État hittite face aux attaques des Phrygiens, elle fut occupée par des Éoliens émigrés de Grèce vers l'Anatolie au XIe siècle av. J.-C., puis par des Ioniens.

De l’indépendance à la conquête par Rome

La première Smyrne vécut son apogée durant la période ionienne. Elle fut envahie en 600 av. J.-C. par le roi de Lydie Alyatte, puis par les Perses en 546 av. J.-C.. Ravagée, la cité n’occupa plus de rôle important durant la période classique (Ve et IVe siècles).

Selon la légende c’est Alexandre le Grand qui décida de restaurer la cité détruite. Mais ce sont plus probablement ses successeurs (Antigone le Borgne puis Lysimaque) qui construisirent la cité au IVe siècle av. J.-C, après la mort d'Alexandre. En 302 av. J.-C., elle passa sous la domination de Lysimaque, ancien général d’Alexandre le Grand, après sa victoire sur Antigone le Borgne, puis sous la domination des Séleucides puis, pour une courte période, sous celle du royaume de Pergame (fin du IIIe‑début du IIe siècle av. J.-C.). Les Séleucides tentèrent de reprendre le contrôle de l’Ionie où se situait Smyrne. Smyrne se battit aux côtés des Attalides, de Pergame et de Rome. En 189–188 av. J.-C., les Séleucides furent chassés de l’Ionie et de l’Asie mineure. Smyrne reçut des territoires pour avoir combattu aux côtés de Rome. Son engagement lui permit de bénéficier d’une indépendance protégée par la cité romaine. La ville reçut plusieurs hommes politiques romains en exil.

De 89 à 85 avant Jésus-Christ, Smyrne, comme l’ensemble des cités d'Asie mineure, soutint le roi du Pont (Mithridate VI Eupator) dans sa guerre contre Rome. Sylla, général romain, entreprit la conquête de l’Asie mineure. Il prit Smyrne et obligea chacun des habitants de la cité à défiler nu en plein hiver. Lors de la paix de Dardanos (85 av. J.-C.), qui conclut la guerre entre Rome et Mithridate VI, Smyrne, comme la majorité des cités libres d'Asie et d'Égée entra alors dans la province romaine d'Asie.

Depuis le IIIe siècle av. J.-C., Smyrne a toujours donné l’impression d'une cité prospère. Artistiquement, elle est connue pour ses grotesques. Les grotesques sont des figurines en terre cuite dont la particularité est d’exagérer un défaut physique lié souvent à la maladie. Il semble que ces représentations n’eurent pas seulement un but artistique ou de divertissement. Smyrne possédait une célèbre école de médecine dans l’Antiquité où séjourna le célèbre médecien Galien. Il est probable que certaines de ces sculptures servaient à illustrer des maladies comme l’hydrocèle (accumulation anormale de liquide ou de gaz dans un testicule). Une collection de ces objets est visible au musée du Louvre.

De la ville romaine ne sont connues que la zone de l'agora (en cours de fouille) ainsi que l'emplacement du théâtre, aujourd'hui recouvert par des maisons.

La ville est la patrie du célèbre rhéteur Aelius Aristide, qui vécut au 2eme siècle et a laissé une oeuvre littéraire importante.

İzmir médiévale

Smyrne vit naître l'une des sept églises originelles de la chrétienté. Devenue une province de Byzance après la division de l’Empire romain, elle fut envahie par le roi des Huns Attila en 440, puis par les Arabes en 695, avant de retourner dans le giron de Byzance. En 1081 elle fut conquise par les Turcs Seldjoukides, avant que les Byzantins, profitant de la progression des Croisés en Anatolie, ne reconquissent en 1097 les territoires occupés par les Turcs sur les côtes de la mer Égée. Elle fut ravagée par les Turcs en 1222 et rebâtie par Jean Ducas qui édifia Kadifekale (la « citadelle de velours »).
En 1320 elle fut conquise par Mehmet Bey, émir d’Aydın. Son fils Umur Bey perdit la citadelle du port (Liman Kalesi) au profit des Chevaliers de Rhodes le 28 octobre 1334. Jusqu’en 1402 les Croisés et les Turcs gardèrent leurs positions respectives, les Croisés dans la Citadelle du port et les Turcs dans la « citadelle de velours » (Kadifekale), jusqu’à ce que Tamerlan détruise la Citadelle du port en décembre 1402.

Izmir ottomane

L’importance économique et culturelle d’İzmir s'accrut progressivement durant les 500 ans où elle fit partie de l’Empire ottoman, à partir de 1426.
Izmir est également le lieu de naissance de Sabbataï Tsevi (1626-1676), Messie autoproclamé, qui provoqua une importante crise au sein de la communauté juive de l'Empire ottoman. La ville est l'une des plus importantes "échelles du Levant", où se côtoient à côté des Turcs des communautés franques, juives, grecques, arméniennes. Au 19e siècle, Smyrne est appelée "un petit Paris". Le nouveau port (1870) construit par l'entreprise Dussaud et les deux premières lignes de chemin de fer de l'Empire ottoman (Smyrne-Kassaba et Smyrne-Aïdin, 1856) concourrent à projeter la ville dans l'ère moderne.

L’incendie de Smyrne

Attribuée à la Grèce après la Première Guerre mondiale lors du traité de Sèvres, en raison de son peuplement majoritairement hellénophone, elle est occupée par l’armée grecque à partir du 15 mai 1919. Après l’effondrement militaire de cette dernière pendant l'été 1922, la ville est prise par les forces de Atatürk le 9 septembre 1922 à la fin de la Guerre d’indépendance.
Dans les dernières semaines de la guerre, les Grecs ottomans de l’intérieur se réfugient en masse à Smyrne, au rythme de plus de 20 000 par jour : ils sont plus de 200 000 le 8 septembre lorsque les dernières forces grecques quittent la ville. Il ne reste plus alors dans le port que des navires étrangers (anglais, français, italiens et américains). Les premières troupes turques arrivent le 9 septembre dans la ville, et les exactions commencent : jusqu'au 13 septembre, la ville est livrée aux pillages et aux meurtres contre les populations grecque et arménienne. Le métropolite de Smyrne, Chrysostomos, qui avait refusé de s’embarquer avec les derniers officiels grecs, est lynché sur la grande place, au vu des sentinelles françaises du consulat qui ont ordre de ne pas intervenir par souci de neutralité. Les navires européens au large refusent les réfugiés qui tentent de les accoster et les tentatives du consul américain Horton pour organiser l’évacuation sont désavouées par son gouvernement.
Le 13 septembre, un incendie éclate dans le quartier arménien. Il s'étend rapidement à toute la ville et échappe à tout contrôle : en une semaine, il détruit presque toute la ville et fait près de 100 000 morts. L’origine de ce désastre est fortement disputée : les Grecs et les Arméniens en imputent la responsabilité aux pillards turcs, tandis que les Turcs accusent les Grecs de s’être livrés à une politique de terre brûlée pour éviter que leurs biens ne tombent aux mains des Turcs. De fait, ce type de pratique est attesté en Ionie à cette époque, et une commission d’enquête française reprend cette explication. Il faut néanmoins remarquer que le 13 septembre le quartier arménien était gardé par les troupes turques et que les Arméniens ne pouvaient circuler librement : c’est un des points soulignés par Horton, témoin oculaire qui accuse nommément l’armée turque de la destruction de Smyrne dans son ouvrage paru en 1926, The Blight of Asia. Ce témoignage a été confirmé par des études historiques telles que Smyrna 1922: The Destruction of a City de M. Housepian Dobkin (1988).
Le 24 septembre, la flotte grecque revient à Smyrne et évacue jusqu'au 1er octobre 180 000 réfugiés, prélude de l'échange de populations musulmanes et chrétiennes qui a lieu entre la Turquie et la Grèce l'année suivante.

La reconstruction d'Izmir

A la suite du traité de Lausanne, Izmir, comme l'ensemble de l'Anatolie, retourne à la Turquie, où Mustapha Kemal a remplacé le Sultanat par une République. Les populations d'origine étrangère quittent la ville, notamment les Grecs à la suite de l'échange de population entre la Grèce et la Turquie.
La ville, où seuls les quartiers turcs et juifs ont été épargnés par l'incendie, sera reconstruite progressivement, d'après les plans de l'urbaniste René Danger. Elle accueille notamment la Foire internationale pour laquelle est aménagé le grand parc au centre de la ville (Fuar).

Après la 2e guerre mondiale, Izmir connait un boom démographique en partie dû à l'émigration depuis les provinces orientales. De ce fait la ville présente un aspect très moderne, que seuls viennent atténuer les quartiers du port (ancien quartier franc) et les pentes de la citadelle de Kadifekale.

Izmir a conservé sa tradition de ville ouverte sur l'occident.

Il reste à Smyrne, des traces et des liens de la présence d'une communauté francophone. Ainsi Édouard Balladur, ancien premier ministre français, est né à Smyrne en 1929. Le lycée Saint-Joseph, établi par les Frères des Écoles chrétiennes en 1880, poursuit sa mission.

Trabzon












Présentation de Trabzon

Trabzon ou Trapézonte (anciennement nommée Trébizonde ; dans l'antiquité, en grec Τραπεζους, Trapezous, du mot grec trapeza, « la table », rappelant la forme de la montagne proche de la ville) est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située au bord de la mer Noire.
Elle comptait 400 187 habitants au recensement de 2006.
D'abord capitale de l'Empire grec de Trébizonde, elle devient après sa conquête par les Turcs, la capitale du sancak (sous-préfecture en turc) du Lazistan.
La ville possède une culture assez différente du reste de la Turquie grâce à son histoire riche en royaumes (dont le Royaume du Pont) et empires aux populations différentes.

Histoire

Trabzon est fondée au Ve siècle av. J.-C. par des colons originaires de Milet, peut-être par des colons de Sinope, (Sinop en turc) vers - 700. C'est aux environs de cette ville que Xénophon et ses Dix Mille aperçoivent la mer pour la première fois suite à leur retraite de l'empire perse. La cité connaît tour à tour des périodes romaine et byzantine. Après la prise de Constantinople par les Croisés en 1204, Alexis Comnène s'enfuit avec la famille impériale à Trabzon et fonde une dynastie de princes qui régnera sur la ville et sa région. Ainsi Trabzon devient capitale de l’Empire byzantin, renommé Empire grec de Trébizonde. Vaincue en 1461 par le sultan ottoman Mehmed II le Conquérant, la ville connaît désormais la domination des Ottomans, avant de voir naître le sultan Soliman le Magnifique.
Quartier historique

Jusqu'au début de la Première Guerre mondiale, la ville est très majoritairement habitée par les Grecs. Entre 1894 et 1896, une partie des 30 000 Arméniens de la ville fut décimée durant les massacres hamidiens[1].
Au début du XXe siècle, la majorité des populations chrétiennes de la ville ont été déportées ou exterminées par le gouvernement Jeunes-Turcs. En 1915, débute sous ordre du ministre de l'Intérieur turc Talaat Pacha la politique d'extermination des Arméniens de l'Empire ottoman. Le génocide arménien fera plus d'un million de morts dans toute la Turquie et plusieurs milliers dans la ville de Trabzon.
Entre 1916 et 1923, Enver Pacha, alors ministre de la défense, veut « résoudre le problème grec… de la même façon qu’il pensait avoir résolu le problème arménien[2] ». Le génocide des Grecs du Pont fera entre 350 000 et 360 000 morts. Les survivants se réfugieront en Russie impériale et les rares Grecs restés sur place seront expulsés vers la Grèce suite à la signature du traité de Lausanne.
Selon certaines études, il y aurait encore de nos jours près de 300 000 hellénophones de religion musulmane dans la région (voir l'article Pontiques), ainsi que de nombreuses populations caucasiennes (Lazes, Géorgiens et Circassiens), ayant été chassées du Caucase par la Russie tsariste.
La ville est connue pour être un berceau d'idées politiques ultra-nationalistes turques[3]. Le prêtre catholique italien Andrea Santoro y a été assassiné le 5 février 2006. La famille d'Ogün Samast, l'assassin, en janvier 2007, du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink est originaire de Trabzon[3].

Bursa












Présentation de Bursa

Bursa, l'antique Pruse, plus tard connue sous le nom de Brousse (Προύσα, en grec), est une ville du nord-ouest de l'Anatolie en Turquie, capitale de la province du même nom. Avec une population de 1 562 828 en 2007, Bursa est la quatrième plus grande ville du pays ainsi qu'un important centre industriel et culturel du pays.
La ville est située sur le versant nord-ouest des montagnes dominées par le Mont Uludağ dans le sud de la région de Marmara. Bordée par la province de Yalova et la mer de Marmara au nord, les provinces de Kocaeli et Sakarya au nord-est, la province de Bilecik à l'est et les provinces de Kütahya et Balıkesir au sud.
La ville est surnommée Yeşil Bursa, « Bursa la verte », en référence aux nombreux parcs et espaces verts qui jalonnent l'agglomération ainsi qu'aux forêts qui couvrent les environs. La ville est la porte du massif du Mont Uludağ, réputé pour ses stations de sports d'hiver. Son patrimoine historique comporte les mausolées des premiers membres de la dynastie ottomane et les nombreux édifices construits pendant cette période marquent encore la ville de leur emprunte. La ville, située au centre d'une région fertile connue pour son thermalisme, possède de nombreux musées, notamment un riche musée archéologique.
Karagöz et Hacivat, les deux personnages du théâtre d'ombres sont nés et enterrés à Bursa. La ville est célèbre pour ses spécialités gastronomiques, notamment les châtaignes et les pêches ainsi que l'İskender kebap. À proximité de la ville se trouvent le district de İznik, l'antique Nicée, connue pour son histoire et ses édifices majeurs. Bursa est le siège de l'université Uludağ et sa population possède un des plus hauts niveaux d'études du pays. La ville est un pôle d'attraction traditionnel des réfugiés des Balkans, arrivées par vagues successives jusqu'à une période récente.

Histoire

Le site est tout d'abord connu sous le nom de Kios (en grec, ou Cius en latin) quand il est cédé par Philippe V de Macédoine au roi de Bithynie, Prusias Ier, en -202 pour son aide contre Pergame et Héraclée du Pont (la moderne Karadeniz Ereğli). Le roi lui donne alors son nom : Pruse.
La ville voit son importance grandir car elle est située à l'extrémité occidentale de la route de la soie. Elle appartient à un Empire byzantin en plein déclin quand elle est capturée par Orkhan. Elle devient alors la capitale du nouvel empire et des premiers sultans Ottomans de 1326 jusqu’en 1361. De nombreux bâtiments sont construits pour orner la nouvelle capitale, dont une école de théologie attirant de nombreux étudiants en provenant du Moyen Orient. Cette école est maintenue à Bursa après la perte de son rang de capitale en 1361. La ville perdra de son influence quand les villes de Didymoteichon et Edirne tombent à leur tour dans les mains ottomanes en 1365 mais Bursa demeure un important centre administratif et commercial.
Sous la domination ottomane, la ville est est la centre de production des soieries royales. En plus de la production locale, on y importe de la soie naturelle en provenance d'Iran et parfois de Chine. Elle est alors le centre de confection de caftans, la longue tunique traditionnelle, ainsi que celui des coussins, de la broderie et d'autre soieries ornant les palais impériaux jusqu'au XVIIe siècle. La ville est aussi le centre de production de couteaux et de carrosses à cheval. Aujourd'hui encore, la ville est un centre industriel et artisanal important : textile, coutellerie, automobile, etc.
Bursa est située sur une faille sismique comme la majeure partie du pays et a été partiellement détruite par des tremblements de terre mêlés à des incendies importants, mais elle est reconstruite à chaque fois, notamment après les deux séismes de 1855 et 1905.